I Mieux comprendre les ressorts de la culpabilité pour ne plus en être victime
La culpabilité est un ressenti désagréable dont nous avons tous fait lexpérience.
Quelle est son origine ? Comment sinstalle - telle ? Avons-nous une part de responsabilité dans ce ressenti ? telles sont les questions que lon peut légitimement se poser.
Comprendre les ressorts de la culpabilité ne va pas de soi. Si nous sommes des êtres vivants qui ressentons des émotions prises sur linstant ou éprouvons des sentiments plus durables, nous nen connaissons pas toujours lorigine : dune part, parce quun état affectif peut faire appel à plusieurs émotions ou sentiments, dautre part parce que nous ne connaissons pas assez la manière dont nous fonctionnons.
La culpabilité emprunte à lémotion comme au sentiment. Elle peut être ressentie sur le moment (ex . la culpabilité éprouvée lorsque nous refusons de donner la pièce demandée par une personne qui mendie alors que nous ne manquons de rien) mais le plus souvent elle se vit sur le mode du « sentiment » car elle sinscrit dans le temps (ex. la culpabilité vécue de manière récurrente après le décès dun être proche alors que nous ne lui avons pas rendu visite comme prévu le week-end avant sa mort).
Le plus souvent inconsciente et persistante, la culpabilité est latente et ressurgit chaque fois que la pression se fait trop grande ou quun fait nous renvoie à une situation déjà vécue.
Nos états affectifs mobilisent lorganisme (ex. oppression, rougeur, mains moites, frissons, sudation
) mais surtout le cerveau (la réflexion sur soi, lanalyse de notre vécu
cette petite voie intérieure diabolique malveillante). Ce qui nous culpabilise cest moins le déclencheur de lévènement que nous vivons que linterprétation que lon en a.
Ainsi, ce qui culpabilise une personne peut laisser une autre indifférente. Cette situation soppose à lidée selon laquelle la culpabilité résulte dune cause extérieure ou des autres. La cause est toujours à rechercher en soi, même si le déclencheur est externe.
Ce sont nos pensées qui nous font éprouver un sentiment de culpabilité. La culpabilité est par nature cérébrale, imaginaire, focalisante .
Face à des situations similaires, une même interprétation suscitera toujours la même réaction comme une histoire qui se répète. A titre dexemple, une fille à qui son père naura pas manifesté damour dans son enfance ne se sentira pas digne dêtre aimée et coupable de ne pas lêtre. Elle se sentira coupable de ne pas correspondre à ce que celui-ci attend delle et nexprime pas clairement, coupable de ne pas être le garçon qui était attendu aux lieu et place de cette petite fille, coupable dêtre lenfant dun premier mariage,
Cette culpabilité laisse des traces. A lâge adulte, outre de manquer de confiance en elle, cette jeune fille se choisira inconsciemment des partenaires avec lesquels lengagement affectif sera difficile et simputera ses échecs sentimentaux en pensant quelle a commis une faute.
Ainsi, par notre schéma de pensée et la reproduction à lidentique de la réponse apportée à une situation qui se représente, nous alimentons le sentiment de culpabilité au point que cela devient parfois un automatisme, voire un mode de fonctionnement, un mode de vie.
Notre avons donc une pleine responsabilité dans linstallation, lentretien, voire ladoption de la culpabilité comme mode de fonctionnement. Tout cela, au prime abord, nest pas forcément conscient.
A lorigine de la culpabilité, il y a toujours une faute, réelle ou pas ; une faute qui se conçoit comme la contravention à une règle que lon a intériorisée. Mais quelle est la nature de cette faute ? sa dimension ? de quels types de règles parle t on ? Comment nous sont-elles instillées ? Sont elles toujours réellement justifiées ou réalistes ?
Aux yeux de beaucoup de nos concitoyens, nous commettons une faute lorsque nous contrevenons à trois types de règles :
1- les lois
Elaborées par le Parlement au nom des citoyens, elles sont acceptées par eux et ont vocation à assurer la cohésion sociale. En effet, sans Etat de droit, nous ne pourrions pas vivre en communauté. La justice est là pour nous le rappeler et sanctionner les crimes et délits. Quel est alors le rôle de la culpabilité ?
La culpabilité a pour seul objectif de nous décourager à passer à lacte. Une fois la faute réalisée, la culpabilité ne sert plus à personne. Rare par exemple quun « serial killer » éprouve de la culpabilité. Quant à la famille de la victime, le fait de savoir que lauteur de lacte reconnaît son crime, se repentit et soit condamné ne lui enlève pas sa peine, tout au plus elle latténue, et encore ! Nous ne pouvons pas revenir sur ce qui est fait et nous noublions pas : il nous faut apprendre à vivre avec.
Lutilité de la culpabilité est uniquement dissuasive mais son efficacité tend à diminuer comme en témoigne la recrudescence dune certaine forme de criminalité. En effet, son efficacité tient à lintégration de la règle. Or, les institutions, quelles quelles soient, sont de plus en plus défaillantes : démission des parents, à lécole recul de lapprentissage dune discipline affirmée
Sans assimilation de la règle, il est improbable que celle-ci soit appliquée ou même que la conscience de lhomme fasse naître un sentiment de culpabilité.
2- les codes sociaux, moraux et religieux
Ils supposent votre adhésion et nengagent que les personnes qui consentent à les suivre.
En aucun cas, vous ne pouvez exiger des autres de se conformer aux règles socio-spirituelles qui ne sont pas les leurs.
En revanche, vous avez le devoir de respecter leur mode de vie, leurs murs,
sans pour autant les partager. Ces derniers ont également le même devoir envers vous.
Mais le respect se mérite et doit être réciproque. Dabord, parce que la liberté des autres sarrête là où commence la vôtre et vice et versa. Ne vous reniez pas !
Cet état de fait met à bas la tradition qui veut que lon respecte ses aînés. Si ceux-ci usent de cette tradition pour vous manquer ouvertement de respect, il vous appartient dy mettre fin sans culpabiliser.
Que penser par exemple de cette poignée dhommes issus de léglise catholique américaine qui dispensent le catéchisme aux enfants, leur inculquent des préceptes religieux visant à les dissuader de « pêcher » et, dans le même temps, abusent de leur innocence pour commettre des actes de pédophilie. Ni leur culpabilité, leur demande de pardon ou lindemnisation des victimes neffacera leur crime. Les enfants concernés sont à jamais marqués comme en témoigne la réaction de lun dentre eux : vingt ans après les faits, devenu homme, celui-ci manifeste une « haine » encore vivace contre son agresseur et refuse lindemnisation proposée par léglise pour « lavage des pêchés » passés.
Quest-ce qui nous oblige à oublier linoubliable ? Rien, ni personne. Il est trop tard ! Le corps et la mémoire ont imprimé.
3 - les règles personnelles
Nous les établissons en nous construisant soit en réaction, soit par mimétisme des personnes avec lesquelles nous partageons le même environnement. Elles sont personnelles dans la mesure où notre libre arbitre intervient et que lon cesse dêtre sous lemprise des autres cest à dire à partir du moment où lon développe un esprit critique au regard de ce que lon nous apporte et que lon décide de se lapproprier ou pas.
En effet, on ne rejette ni ne prend jamais tout des autres. Mais avec ce vécu commun, on constitue sa propre personnalité et arrête sa propre ligne de conduite, celle que lon simpose en-dehors de toute contrainte externe. Dès lors, le choix des règles que lon décide de suivre est important. Elles ne doivent pas trop être éloignées de ce que lon est et de ce quon est en capacité dassumer. Elle suppose un travail sur soi pour mieux apprendre à se connaître et procéder à la juste évaluation des règles que lon fait siennes.
Fixer la barre trop haute génère frustration et culpabilité.
La contravention à lensemble de ces règles a telle la même valeur ? Sûrement pas !
Les règles juridiques sont « objectives » et se justifient : à chaque crime et délit, considéré comme une faute réelle, correspond une sanction reconnue par lensemble de la société (code pénal ou autre).
Ce nest pas le cas des règles socio-spirituelles ou personnelles qui comportent une dimension subjective et relativisent la faute au point den souligner le caractère « imaginaire ». Or, cest cette dimension subjective qui permet à la culpabilité malsaine de se répandre et personne ne se révolte outre mesure « la peine nest pas à la hauteur du pénal ».
II- Cerner les conséquences négatives de la culpabilité sur notre vie
En agissant en souterrain, la culpabilité nous maintient dans une cercle vicieux.
Il nest pas facile de mettre des mots sur nos maux quand notre inconscient est en action : soit nous nous sentons coupable en raison dune faute imaginaire qui procède dune mauvaise analyse de la situation, soit nous faisons les frais de « non dit » qui ne nous permet pas de comprendre ce que lon vit . Dans les deux cas, il savère difficile de sextirper du cercle vicieux de la culpabilité.
A titre dexemple, un enfant à qui on mentira sur sa naissance (enfant abandonné, enfant dun inceste, dun viol, dun amour interdit
) se sentira coupable du désamour ressenti sans disposer des clés qui lui permettent de comprendre que ce nest pas lui le problème mais ceux qui lui cachent la vérité sur les conditions de sa naissance, doublé de ceux qui sont à lorigine de ces conditions.
La culpabilité est un frein à laction. Elle est obsédante, focalise le cerveau sur le tort présumé causé à autrui. Elle rend difficile toute réflexion objective, le recul sur les évènements et leur juste évaluation de la situation. On vit intensément la culpabilité et plus rien dautre nexiste. On vient même à ne pas entendre le discours déculpabilisant de ses proches. Prenons lexemple dun accident de la route impliquant deux véhicules : dans lun dentre eux, une mère qui conduit lun de ses enfants à la crèche, dans lautre, une personne qui se rend à son travail et ne soupçonne pas quune défaillance technique des freins de son auto va la conduire à griller un stop et provoquer cet accident. Lenfant meurt sur le coup. La mère se remettra de ses blessures mais culpabilisera en pensant avoir tué son enfant dans un accident de la route. Pourtant, laccident a été occasionné par un tiers. De même, partageant avec son époux le fait de déposer lenfant à la crèche en fonction des disponibilités de chacun, laccident aurait pu arriver au mari si celui-ci avait emmené son enfant à la crèche.
Lautre personne se sentira coupable dêtre à lorigine de laccident et culpabilisera sûrement de la mort dun enfant. Or, les freins avaient été changés récemment et il savère que ceux-ci présentaient un défaut non décelé à la fabrication. Par ailleurs, ils auraient pu céder à un tout autre moment.
Plus simplement, avec 10mn davance ou de retard de lun ou lautre, ils ne se seraient pas croisés.
La vie est faite de probabilités plus ou moins fortes mais personne ne peut dire si un événement se produira ou pas et à quel moment.
Ni lun ni lautre des conducteurs na commis volontairement dinfraction au code de la route. La faute est imaginée dans lesprit des deux protagonistes.
Sans nier la douleur et sans oublier, il convient daccepter un état de fait. Culpabiliser, cest regarder en arrière et arrêter le compteur de votre vie au moment où sest produit lexpérience douloureusement vécue. Mais vous avez le choix de continuer à vivre, pour vous et ceux qui sont bien vivants et partagent votre vie.
La culpabilité nous empêche de profiter pleinement des moments de bonheur et des plaisirs de la vie.
Si vous avez été élevé dans laustérité avec pour valeur unique le travail et que pendant toute votre enfance vous nêtes jamais parti en vacances, il y a des chances pour que vous culpabilisiez lorsque que vous en prendrez pour la première fois et que cette culpabilité vous ronge au point que vous narriviez pas à vous détendre, que vos loisirs soient gâchés et que vous néprouviez pas de plaisir. La culpabilité altère notre réflexion. En reproduisant nos schémas de pensée, nous créons nous-même un environnement peu propice à notre bien-être.
La culpabilité parasite la relation avec les autres dans la mesure où elle est symptomatique, selon les cas :
§ de votre sentiment de supériorité sur les autres, de votre volonté de tout maîtriser, de votre orgueil
Pour certains dentre nous, nous avons une opinion trop avantageuse de nous même, nous pensons être supérieurs aux autres et pouvoir tout maîtriser, les évènements comme les hommes. Dans un monde mouvant, lidée de contrôler tout ce qui nous entoure nous rassure. Or, nous navons pas ce pouvoir : nous avons nos propres limites. Par ailleurs, nos responsabilités et libertés sarrêtent là où commencent celles des autres. Cest le décalage entre la réalité et ce que nous en imaginons qui nous fait éprouver un sentiment de culpabilité : plus lécart est grand, plus nous avons une vision démesurée de notre influence sur notre environnement, plus sera grande notre culpabilité.
A titre dexemple, quelquun qui vient de perdre son ami par suicide va se culpabiliser de navoir pu lempêcher et va être tourmenté par cette idée. Cela se traduira dans lexpression par le conditionnel : « et si javais été plus à lécoute », « si javais été présent à ce moment là, ce ne se serait pas produit »,
.Or, nous ne sommes pas dans la tête des autres. Le ressenti du « mal être » est personnel sans compter quune personne vraiment suicidaire sera tentée de recommencer et usera de tous les stratagèmes en sa possession pour échapper à la vigilance de ses proches. Vous nêtes responsable que de vous-même ; cest une responsabilité suffisante.
§ de lenvie, voire la jalousie des autres à votre égard
Ø de votre réussite
Il nest pas rare que dans une fratrie, un des frères réussisse mieux que les autres. Ses proches, par jalousie, peuvent tantôt insinuer quil doit sa réussite à la chance (et aux fruits de son travail et des efforts), tantôt sous-entendre quil a « plus », plus les moyens davoir une belle maison, une belle voiture, de partir en vacances
.quil na pas besoin démarger à lhéritage de ses parents. Ce faisant ils laissent sous-entendre quils ont eu moins de chance, quils mériteraient en conséquence dêtre mieux aidés. Ils culpabilisent ainsi celui qui a réussi et lempêche déprouver la satisfaction davoir une situation sociale plus enviable.
Ce même phénomène peut être observé dans le monde du travail. Celui qui réussit, doit se battre pour conserver sa place de « dirigeant ». Il est généralement attaqué de toute part. On lui fait des procès dintention : celui dêtre partial, dabuser de sa position dominante, davoir détourné une procédure
même sans avoir commis de faute, il se sentira coupable de pas bien communiquer, de ne pas être transparent, pas assez vigilant,
. et sil dispose dune aura telle quon ne peut pas latteindre sur un plan professionnel, quil ne se fasse pas dillusions, il sera visé sur un plan plus personnel par le biais des rumeurs, de la manipulation
Ø de votre physique
Une belle femme qui subit les remarques insidieuses sur son apparence des autres femmes, généralement au physique moins avantageux et envieuses, ou les regards ou les approches insistants des hommes, peut développer un sentiment de culpabilité et ne pas accepter limage quelle renvoie. Pourtant, cest la nature qui détermine son enveloppe corporelle. Elle nest pas responsable non plus de la manière dont réagissent ces congénères, de leur manque de respect, de leur jalousie ou envie. Enfin, une femme ne se réduit pas à ses mensurations, à la couleur de ses yeux, à sa chevelure
Comme tout être humain, elle est douée dintelligence et dispose des qualités de cur.
Culpabiliser à cause de son aspect physique, cest quelque part se sous-estimer et nier que lon a bien dautres qualités.
Les canons de la beauté ne sont dailleurs pas universels (les critères sont variables dans le temps et dans lespace). Mieux vaut lui préférer le charme qui reflète la femme dans tout son être et son âme.
Autre exemple : une jeune femme habituellement sexy qui aura été violée, culpabilisera à lidée que peut-être, par sa tenue vestimentaire, elle aura provoqué son agresseur alors quelle nest en rien responsable des pulsions qui ont conduit cet homme à commettre lirréparable. La culpabilité de celle-ci sera forte, sinon destructrice au point de se punir elle-même une seconde fois (refus à jamais de se mettre en valeur, voire senlaidir, prise de poids, tentative de suicide,
).
§ de la manipulation consciente
La culpabilité est un outil de manipulation qui pervertit les relations entre les hommes.
Elle peut être consciente dans le cadre dun chantage au suicide par exemple. Lorsquun couple se sépare à linitiative de lun sans que lautre ne le souhaite et le vive mal, ce dernier peut user de tous les moyens qui seront à sa disposition pour retenir lêtre aimé, y compris jusquà menacer de mettre fin à ses jours pour culpabiliser celui qui veut partir. Mais la relation entre deux adultes procède de sentiments partagés, lorsque ce nest plus le cas, de fait, elle nexiste plus. Même sil ne veut pas se lavouer, celui qui est quitté avec du recul saperçoit que les signes de la séparation couraient depuis un certain temps. Et parfois, celui qui souhaite maintenir la relation le fait pour de mauvaises raisons : la peur de se retrouver seul, du « quand dira ton », de recommencer une nouvelle vie,
.
Il faut comprendre que lon na pas droit de propriété sur lautre mais que chacun a le droit de décider de sa propre vie.
Il faut beaucoup de courage pour prendre la décision de partir et de lassumer afin de vivre en accord avec soi-même et ce que lon ressent. Celui qui prend linitiative de partir, na pas à prendre en charge en plus le ressenti de son ex-compagne ou compagnon, quand même il souffrirait. Il na pas à culpabiliser. Lacceptation du chantage initial, serait condamner les deux à être malheureuses ensemble et les empêcher de reconstruire une vie plus harmonieuse, chacun de leur côté.
En définitive, la culpabilité présente plus dinconvénients que davantages.
III- Appréhender les principaux besoins psychologiques et relationnels non satisfaits ainsi que les principaux terreaux fertiles de la culpabilité que sont la famille, les cercles socio-spirituels et le milieu professionnel
La culpabilité révèle les besoins psychologiques ou relationnels non satisfaits, pourtant aussi vitaux que les besoins physiologiques : un besoin damour, de reconnaissance (se sentir apprécié à sa juste valeur), destime de soi, de sécurité (affective, financière,..), dhonnêteté, dappartenance (à un cercle social), de paix, de sérénité, de communication,
A titre dexemple, un cadre qui porte continuellement un jugement critique sur le travail de son collaborateur sans jamais formuler de compliments, et en particulier lorsquil est satisfait, peut faire naître chez ce dernier un sentiment de culpabilité, celui de ne pas être professionnellement à la hauteur et développer parallèlement un besoin accru de reconnaissance qui le poussera à en faire toujours plus.
Si la culpabilité touche tous les aspects de la vie, elle se développe plus particulièrement dans trois cercles. Il vous est présenté quelques situations dans lesquelles vous pourrez vous reconnaître et surtout pour lesquelles vous navez aucune raison objective de culpabiliser. Affirmez-vous !
§ la famille
Ø léducation des enfants
La culpabilité peut être utilisée comme mode éducatif. Les parents font naître ce sentiment chez leurs enfants, de manière consciente ou non : en faisant peser sur les épaules des enfants des responsabilités trop importantes, en particulier, sur celles des aînés (qui se culpabilisent de ne pas être à la hauteur), en comparant les enfants plutôt que mettre en avant leurs atouts respectifs (dans la comparaison, il y a toujours un enfant qui est mis en valeur au détriment de lautre), en utilisant le chantage affectif (ex. « maman aime moins quand tu nes pas sage ») , en préférant un enfant plutôt que lautre par des attitudes, des actes manqués
Il peut arriver que les parents eux-mêmes culpabilisent à lidée de ne pas être à la hauteur.
Que ce soient les enfants ou les parents, ils ne sont pas responsables de leurs ressentis réciproques. Les parents peuvent adopter la meilleure éducation sans pour autant être responsables de ce que deviendront leurs enfants car, à lâge adulte, ils ont leur propre arbitre. Le rôle des parents est de les préparer à devenir adulte, pas en être responsable toute leur vie. Quant aux enfants, ils peuvent saffranchir de leur enfance difficile pour regarder vers lavenir et mieux affronter la vie.
Lécole nest pas exempte de lutilisation de la culpabilité comme moyen dapprentissage. Ainsi, un enfant gaucher auquel on veut coûte que coûte apprendre correctement de la main droite se sentira coupable de ne pas fonctionner comme les autres.
Ø la relation Homme / Femme
La femme contemporaine réalise, selon une expression couramment utilisée, « trois journées en une ». Elle ne manque ni de courage, ni dénergie car elle exerce souvent une activité professionnelle, assume son rôle de femme dintérieur et sinvestit généralement plus que lhomme dans léducation des enfants car, quoique quon en dise, les murs évoluent lentement. Quand parfois, elle manifeste de la fatigue, ose penser un peu à elle ou demander un peu daide à son conjoint, elle peut se voir rétorquer par Monsieur que celui-ci a fait sa journée, quelle manque dorganisation, quil y a match à la télé, quil a prévu de rejoindre ses copains à la chasse
..
Ø la tradition familiale
Noël est, par nature, le lieu traditionnel des retrouvailles familiales. Sous couvert des festivités, il est de bon ton de masquer les tensions qui peuvent exister. Pour certains, ce sera un plaisir, pour dautres ce sera une obligation avec le risque de voir ce rendez-vous annuel se transformer en conflit. Sachez que vous avez toujours le choix : de voir les membres de votre famille de manière séparée, à dautres moments dans lannée ou encore de fêter Noël avec les personnes avec qui vous avez envie de vivre des moments intenses et chaleureux, sans culpabiliser.
§ les cercles socio-sprirituels
Ø la culture judéo-chrétienne
Dans la culture judéo-chrétienne, les notions de faute et de pardon sont omniprésentes. Selon ladage populaire : faute avouée, faute pardonnée. Il nen est rien car toute faute nest pas réparable, loin de là et lon noublie pas. Ce précepte a, qui plus est, un effet très pervers : il relativise le tort causé à autrui et incite à la récidive puisque de toute façon il suffirait davouer pour être pardonné.
Il en est de même pour les actes de pédophilie que lon découvre dans léglise américaine et quelle essaie de réparer par une indemnisation pour éviter de se retrouver devant la justice. La moralité a ses limites.
Ø le syndicalisme
La syndicalisme repose sur la défense dune ligne commune même si à titre individuel les adhérents ne pas toujours en accord avec les orientations envisagées. Le meilleur exemple est celui de la défense de la retraite à 55 ou 60 ans coûte que coûte. Celui qui personnellement souhaiterait exercer une activité professionnelle au-delà de 60 ans risque dêtre pointé du doigt, culpabilisé à lidée et sil décide de se conformer, il risque dêtre en désaccord avec ses propres désirs et de mal vivre une retraite imposée par la pression sociale.
La défense par les syndicats de salariés de la fermeture des magasins le dimanche pose les mêmes cas de conscience. Il existe des salariés tout comme des étudiants qui seraient ravis de mettre « du beurre dans les épinards » mais sous couvert de la protection de leurs droits, on les culpabilise.
La généralisation face à des situations individuelles crée injustice et insatisfaction. Laissons à chacun décider de ce qui est le mieux pour lui-même ; la législation offre déjà les moyens à chacun de faire valoir et défendre ses droits sils sont menacés.
Ø lappartenance à un cercle social
La réussite financière nest pas toujours suffisante pour se faire accepter dun groupe socialement plus élevé que celui dont on est issu. Dabord, parce que les membres du 1er groupe se fréquentent depuis longtemps, ont les mêmes codes sociaux et ont évolué dans un environnement culturel plus favorable.
Pour celui qui a aspiré à intégrer cette caste et en a maintenant les moyens financiers, il se sentira néanmoins coupable dun manque de culture, de richesse intellectuelle, douverture
en dautres termes, il souffrira dun complexe dinfériorité.
Il existe pourtant des personnes de la première caste qui donnent le change et disposent dune culture superficielle. A linverse, des autodidactes sont tout à fait capables de rivaliser avec des membres de cette caste et il y a beaucoup dexemples autour de nous.
§ le milieu professionnel
Ø le travail à la chaîne
Une chaîne de fabrication fait appel à plusieurs intervenants à divers stades de la fabrication et dassemblage dun produit. Léquipe qui est le plus en aval a, comme toutes les autres, des objectifs à atteindre. Lorsquils ne sont pas atteints, celle-ci peut se le voir reprocher et culpabilisera alors même que plusieurs facteurs dont elle navait pas la maîtrise sont difficiles à estimer (défauts de certaines pièces fabriquées en amont, panne machine, ralentissement de lalimentation de la chaîne en amont, un ouvrier qui sest blessé,
). Autant de raisons défendables qui interdisent toute culpabilité.
Ø La responsabilité du cadre, des commerciaux
La culpabilité de ces professionnels peut naître du fait quils ne sestiment pas posséder toutes les qualités dun cadre, être à la hauteur des objectifs quon leur fixe, souvent très hauts, de la pression et de la compétition auxquelles ils sont confrontés. Lindividualisation des salaires, le chacun pour soi, le management par la division ne font quaccroître ce phénomène alors quil peut être trouvé un équilibre entre les objectifs personnels et ceux dune équipe ou bien encore, déléguer. Ne dit-on pas quun bon cadre est celui qui sait manager son équipe, déléguer et atteindre les objectifs fixés.
La culpabilité tient aussi parfois au fait que les objectifs qui sont fixés ne sont pas accompagnés des moyens permettant de les atteindre (le temps nécessaire, les moyens financiers, humains, techniques
).
Enfin, elle peut résulter du fait que les dirigeants nassument pas leurs propres responsabilités quils reportent sur leurs cadres.
Si les cadres et les commerciaux effectuent un volume dheures plus important que des employés administratifs et lon exige toujours plus deux, ils doivent veiller à préserver des instants de « lâcher prise », exiger les moyens nécessaires à latteinte de leurs objectifs et nassumer que les responsabilités qui sont les leurs. Dans le cas contraire, la pression risque dêtre trop élevée pour un seul homme, la dépression menace et, comme nous le montre lactualité récente, peut se terminer par un acte dramatique, le suicide.
IV- Adopter un comportement qui permette de tenir à distance la culpabilité
La culpabilité est une souffrance que lon sinflige la plupart du temps inutilement. Alors comment sen débarrasser ? Voici quelques clés permettant, sinon den venir à bout, du moins en diminuer la fréquence.
§ Prendre conscience que la culpabilité infiltre tous les aspects de la vie (cf ci-dessus)
§ Prévenir par ladoption dun comportement adapté
La culpabilité ne sert à rien puisque aucun dédommagement ne saurait réparer un crime imaginaire. Alors vaut mieux prévenir en optant pour la maîtrise de soi afin de prêter le moins possible le flan au sentiment de culpabilité :
Ø prendre du recul sur les évènements pour les analyser et choisir la réponse adéquate,
Ø peser ses mots,
Ø adopter une attitude respectueuse des autres,
Ø préférez, selon les cas, lhumour ou lironie à la colère immédiate.
§ Naccepter dassumer que vos propres responsabilités
Prendre ses responsabilités cest :
Ø assumer ses choix et leurs conséquences,
Ø devoir répondre de ses actes, comportements et paroles,
Ø retrouver sa liberté de conscience et daction,
Ø ne pas être tenu responsable dautrui, de ses comportements, de ses pensées, de ses émotions.
Cest aussi, reconnaître lexistence dautrui :
Ø le laisser assumer ses propres responsabilités,
Ø lui faire confiance,
Ø ne pas linfantiliser (adulte),
Ø déléguer (fixer un résultat attendu, mettre à disposition les moyens tout en laissant à autrui le soin de déterminer comment sy prendre).
§ Accepter ses propres limites, ses imperfections.
La perfection nexiste pas et finit par être contre-productive. Par ailleurs, nous sommes des êtres humains : nous ne pouvons pas tout contrôler. Laccepter cest :
Ø mieux se connaître,
Ø renoncer à notre pouvoir, à la volonté de contrôler les évènements et les autres,
Ø trouver notre juste place,
Ø adopter une vie plus équilibrée entre la vie professionnelle, personnelle, familiale, amicale,
Ø lâcher prise et retrouver notre sérénité.
§ Modifier notre regard sur la vie, nos expériences en modifiant la signification quon leur donne.
CONCLUSION
Tout cela ne relève que de notre seule volonté. La seule personne qui peut nous rendre heureux, cest nous-même. On peut disposer de peu de moyens et être heureux, comme riche et malheureux. Le bonheur ne sachète pas. Largent peut tout au plus y contribuer.
Choisir dêtre heureux, ce nest pas être égoïste et se désintéresser du bonheur des autres.
Choisir ses relations, cest ne pas se laisser polluer par des relations inutiles et leur préférer celles qui sont de qualité, autrement dit celles qui reposent sur le respect mutuel et sont construites en co-responsabilité.
Maintenant, il nappartient quà nous de rompre le cercle vicieux de la culpabilité en agissant sur vos pensées et en assumant vos choix pour une meilleure qualité de votre vie !